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Entretien : GIZ Programme « Réussir au Sénégal !

 

Pourriez-vous vous présenter à notre communauté ?

 

Je suis Mame Bineta Aida Diouf Diallo, responsable du Champ d’action « Entrepreneuriat » du Programme « Réussir au Sénégal ». Je suis en charge de coordonner l’accompagnement aux initiatives entrepreneuriales au niveau de nos différentes zones d’intervention, avec un focus sur l’incubation et l’économie créative.

 

2. Pourriez-vous nous présenter le programme Réussir au Sénégal

 

Le programme « Réussir au Sénégal » de la coopération allemande/GIZ est financé par le gouvernement allemand et œuvre à la promotion de perspectives d’emploi pour les jeunes de 15 à 35 ans, et pour les migrants de retour.

Le programme déroule des activités à travers tout le Sénégal, en collaboration avec des partenaires nationaux, à travers un faisceau d’antennes régionales basées à Dakar, Kaolack, Kolda, Saint-Louis, Tambacounda et Thiès.

 

L’approche du programme s’articule autour de quatre champs d’actions :

1.         Entrepreneuriat & Start-Up

2.         Formation & Qualification

3.         Dialogue sur les Perspectives

4.         Lutte contre le Paludisme

 

Dans le cadre du volet « Entrepreneuriat & Start-Ups », le programme offre l’accès à des espaces coworking et de réseautage, à des formations complémentaires, et au financement de projets d’entreprises. Le programme vise également le renforcement des capacités des jeunes à travers des formats de capitalisation d’expériences et de bonnes pratiques.

Les formations et qualifications techniques, à court et long termes, organisées par « Réussir au Sénégal », en partenariat avec des institutions locales privées, publiques, et la société civile, sont adaptées au niveau d’études et aux réalités du marché du travail local. Dans les secteurs de l’artisanat, des services, et des TIC, le programme contribue à créer des profils de métiers attractifs et des modèles d’affaires compétitifs, en mettant à profit la digitalisation et le développement du secteur de de l’énergie solaire. De nouveaux profils professionnels promeuvent l’augmentation des revenus et l’accès à l’emploi.

Dans le même temps, et à la faveur d’une programmation d’événements culturels, artistiques, et musicaux, « Réussir au Sénégal » initie et cultive des moments et des espaces de dialogue entre la jeunesse, les migrants de retour, et les aînés, participant à mettre en lumière les perspectives de bâtir un futur prospère au pays.

 

3. Comme vous l’énonciez, les incubateurs sont des leviers

importants sur lesquels reposent votre approche. Pourriez-vous

nous en dire plus ?

 

Dans le contexte du développement d’incubateurs et de programmes d’incubation, « Réussir au Sénégal » agit sur deux niveaux de l’échelle.

 

D’abord, le programme initie des actions de soutien au bénéfice des entrepreneurs, avec la possibilité d’un accompagnement au sein de notre incubateur. Dans une logique de pérennisation des acteurs et dynamiques d’accompagnement aux porteurs de projets, « Réussir au Sénégal » intervient également dans le renforcement technique des structures d’appui existantes, en l’occurrence les structures d’incubation locales, pour les outiller dans la consolidation de leur offre de services aux  entrepreneurs.

 

 

Vous n’êtes pas sans savoir que les questions liées à l’emploi s’inscrivent à l’ordre du jour des états partout à travers le monde, et l’Afrique n’est pas en reste. Les initiatives en ce sens s’orientent vers l’intrapreneuriat en entreprise et l’entrepreneuriat pour les jeunes porteurs de projets.

 

Ces deux alternatives constituent une opportunité de valeur ajoutée pour l’économie d’un pays, d’autant plus que les projections de développement s’accordent sur le fait que l’entrepreneuriat est un levier important tant en termes d’’insertion professionnelle que pour la résilience des économies.

Pour pouvoir tirer avantage de cet effet de levier, un accompagnement, technique ou financier, s’impose, de même que des synergies d’action entre les acteurs locaux, au bénéfice des jeunes qui écrivent au quotidien leurs histoires de réussite au pays.

 

C’est dans cet esprit que l’incubateur « Teranga Hub » été mis en place, avec pour credo une approche collaborative, un espace accessible à tous, fédérateur, et inclusif, connecté aux faisceau d’antennes régionales du programme pour une démultiplication de notre impact.

Pour concrétiser cette vision de dynamiser l’écosystème local, nous avons lancé un programme d’appui aux hubs entrepreneuriaux au niveau national, intitulé « Devenir un hub ». Déroulé en partenariat avec Makesense, ce programme appuie des structures d’accompagnement des entrepreneurs dans différentes localités du Sénégal, à travers un renforcement de capacité technique adapté aux réalités de l’entrepreneuriat local. Démocratiser l’accès à une offre de services améliorée, c’est augmenter les chances de réussite des porteurs de projets.

 

 

4. Quel bilan dressez-vous du programme ? Etes-vous satisfait de

l’impact obtenu à ce jour ?

 

Notre programme, « Réussir au Sénégal », a déjà permis de concrétiser plus de 20.000 chances de démarrage depuis 2017 :

 

  • 6.600 jeunes et migrants de retour ont participé aux formations qualifiantes à l’entrepreneuriat, avec des contenus d’enseignement axés sur le développement de business plan, le calcul de coûts, et les principes de marketing ;
  • 9.500 participants ont complété des formations et des qualifications, entre autres dans les domaines du recyclage, de la pâtisserie, et de la réparation de téléphones portables ;
  • 1.005 petites et moyennes entreprises ont bénéficié d’un accompagnement ;
  • 2.572 jeunes ont trouvé un emploi après avoir suivi une formation.

 

5. Quelles sont les perspectives du programme ?

 

Notre objectif, durant cette période de pandémie de COVID-19, est d’appuyer les PMEs et jeunes entrepreneurs du Sénégal en leur permettant d'avoir des rentrées financières pour pallier les pertes liées à la crise, et ainsi préserver les emplois. La première phase de « Réussir au Sénégal » se terminera en mars 2021, avec la possibilité d’une prolongation. Nous sommes très contents de nos impacts à ce jour, et nous souhaitons continuer notre collaboration avec les acteurs sénégalais pour la création d’emploi au bénéfice de la jeunesse et des migrants de retour.

 

 

6. Votre mot de la fin

Le Sénégal ne manque pas d’opportunités à saisir pour les jeunes. Comme nous aimons le dire, « Réussir au Sénégal, mën na nekk ! ». Le défi réside dans notre capacité à rendre ces opportunités visibles, accessibles, et saisissables pour la jeunesse.

 

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